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Blog - Histoire

Le cochon de Lesdiguières  -  par   Bernard_Brabant

Une histoire que l’on racontait lors des veillées hivernales à Embrun

► Le cochon de Lesdiguières.

Quand le seigneur de Lesdiguières envahit Embrun assiégé, ce chef des troupes protestantes veut se venger des notables qui lui ont résisté. Au moyen d’un cochon farci, il tend un piège au prieur des Cordeliers. Mais celui-ci a une idée pour sauver sa peau…

En ce temps-là, pour passer les soirées d’hiver, il n’y avait ni écran ni Netflix, peu de lumière et peu de chauffage. Alors, on se réunissait entre voisins dans une seule pièce, pour se tenir chaud et économiser les chandelles. Et pendant que l’on ravaudait, triait les lentilles, réparait quelque outil, un ancien racontait des histoires transmises de génération en génération. Dans l’Embrunais, on aimait entendre l’histoire du cochon de Lesdiguières.

Cela se passe durant les guerres de religion. Le seigneur de Lesdiguières, venant du Champsaur est un chef de guerre redouté quand il assiège Embrun avec ses troupes protestantes. Les remparts peuvent protéger des flèches et de tout autre projectile. Mais même avec des fondations solides, ils ne peuvent protéger des traitres. Une nuit, un Embrunais soudoyé fait sauter une porte. Notre ville est envahie. Embrun est mis à feu et à sac. On pille, on tue, on incendie, on viole. À cette époque on avait de l’imagination dans notre beau pays.

Comme tous les notables, le prieur des Cordeliers est terrorisé. Des soldats frappent à sa porte. Il sait qu’il va passer une dernière heure effroyable. Mais non, les soudards lui transmettent une invitation à un banquet organisé le soir même par le vainqueur.

Quand notre notable bien habillé se présente sur la place du banquet, une grande table est installée et Lesdiguières goguenard l’invite à s’asseoir à ses côtés. Le chef de guerre fait venir un magnifique cochon farci, cuit à la broche. Il tend son poignard au prieur et lui demande de se servir. Quand le religieux approche le couteau de la bête, Lesdiguières railleur lui dit : « Tenez, commencez le travail, comme vous ferez, je vous le ferai ». Le malheureux invité arrête son geste. Il a compris que s’il coupe un morceau de jambon, on lui tailladera les fesses. S’il prend une côtelette, on lui fouraillera les côtes. Alors doucement, il approche la pointe du poignard vers cet orifice naturel situé derrière le cochon, par lequel on avait passé la broche. Avec précaution, il en retire quelques petits morceaux de farce qu’il mange et rend le couteau à son hôte.

On ne connaît pas la fin. Le seigneur de Lesdiguières a-t-il été obligé de goûter cette même partie du prieur ?

Jean Vandenhove, historien embrunais aujourd’hui disparu, a consigné cette histoire dans « La saga de l'Embrunais ». 

Véritable histoire ou légende ? On est sûr d’une seule chose : c’était une bien mauvaise farce !

Bernard Brabant

Francois_Bonne_de_Lesdiguieres_redimensionner.jpg

François de Bonne de Lesdiguières.

Ce chef guerrier protestant venant du Champsaur
assiège Embrun et pénètre dans la ville la nuit du 18 novembre 1585,
suite à une trahison. 

Une histoire que l’on racontait lors des veillées hivernales à Embrun

► Le cochon de Lesdiguières.

Quand le seigneur de Lesdiguières envahit Embrun assiégé, ce chef des troupes protestantes veut se venger des notables qui lui ont résisté. Au moyen d’un cochon farci, il tend un piège au prieur des Cordeliers. Mais celui-ci a une idée pour sauver sa peau…

En ce temps-là, pour passer les soirées d’hiver, il n’y avait ni écran ni Netflix, peu de lumière et peu de chauffage. Alors, on se réunissait entre voisins dans une seule pièce, pour se tenir chaud et économiser les chandelles. Et pendant que l’on ravaudait, triait les lentilles, réparait quelque outil, un ancien racontait des histoires transmises de génération en génération. Dans l’Embrunais, on aimait entendre l’histoire du cochon de Lesdiguières.

Cela se passe durant les guerres de religion. Le seigneur de Lesdiguières, venant du Champsaur est un chef de guerre redouté quand il assiège Embrun avec ses troupes protestantes. Les remparts peuvent protéger des flèches et de tout autre projectile. Mais même avec des fondations solides, ils ne peuvent protéger des traitres. Une nuit, un Embrunais soudoyé fait sauter une porte. Notre ville est envahie. Embrun est mis à feu et à sac. On pille, on tue, on incendie, on viole. À cette époque on avait de l’imagination dans notre beau pays.

Comme tous les notables, le prieur des Cordeliers est terrorisé. Des soldats frappent à sa porte. Il sait qu’il va passer une dernière heure effroyable. Mais non, les soudards lui transmettent une invitation à un banquet organisé le soir même par le vainqueur.

Quand notre notable bien habillé se présente sur la place du banquet, une grande table est installée et Lesdiguières goguenard l’invite à s’asseoir à ses côtés. Le chef de guerre fait venir un magnifique cochon farci, cuit à la broche. Il tend son poignard au prieur et lui demande de se servir. Quand le religieux approche le couteau de la bête, Lesdiguières railleur lui dit : « Tenez, commencez le travail, comme vous ferez, je vous le ferai ». Le malheureux invité arrête son geste. Il a compris que s’il coupe un morceau de jambon, on lui tailladera les fesses. S’il prend une côtelette, on lui fouraillera les côtes. Alors doucement, il approche la pointe du poignard vers cet orifice naturel situé derrière le cochon, par lequel on avait passé la broche. Avec précaution, il en retire quelques petits morceaux de farce qu’il mange et rend le couteau à son hôte.

On ne connaît pas la fin. Le seigneur de Lesdiguières a-t-il été obligé de goûter cette même partie du prieur ?

Jean Vandenhove, historien embrunais aujourd’hui disparu, a consigné cette histoire dans « La saga de l'Embrunais ». 

Véritable histoire ou légende ? On est sûr d’une seule chose : c’était une bien mauvaise farce !

Bernard Brabant

Francois_Bonne_de_Lesdiguieres_redimensionner.jpg

François de Bonne de Lesdiguières.

Ce chef guerrier protestant venant du Champsaur
assiège Embrun et pénètre dans la ville la nuit du 18 novembre 1585,
suite à une trahison. 

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Publié le 10/02/2021 17:00   |