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"EMBRUN ET SON CLIMAT" - 1958  -  par   SabineSauval

"EMBRUN ET SON CLIMAT"

Cet article, publié dans "le Monde" du 3 juin 1958,
a été conservé par monsieur Honoré ROMANE,

 

Il pous explique comment était perçu notre bonne ville d'Embrun et plus généralemet l'Embrunais pour son climat spécifique
dans les années cinquante.

A consulter aussi :

►"UN COLLEGE DANS LA MONTAGNE"

Jacques CHILLON a passé un an comme interne à l'ancien lycée d'Embrun en 1956/1957 qui est devenu depuis le groupe scolaire Cézanne. Il en a écrit un riche et passionant récit publié dans Nice-Matin (Le Mag, 22 septembre 2019).

Embrun et son climat 19581024_1.jpg

Modeste agglomération de 3500 habitants environ, la ville d'Embrun, autrefois capitale métropole de toute la région qui s'étend de BRIANÇON à NICE, puis successivement, dépossédée de sa sous-préfecture, de son tribunal et d'une partie de sa garnison, occupe une situation pittoresque sur la rive droite de la Durance, à peu près sous la latitude de Valence et à mi-chemin entre GAP (40 kilomètres) et BRIANÇON (48 kilomètres).

Edifiée sur un vaste bloc de poudingue déposé à l'époque interglaciaire, sur la pente sud des derniers contreforts du Mont Guillaume, elle domine la vallée par un à-pic de 80 mètres environ, au bas duquel s'étale un large tapis de jardins et de vertes prairies, qui la sépare de la tumultueuse rivière contenue par une digue vers le front de la montagne opposée.

Un panorama magnifique s'offre à la vue du visiteur qui arrive sur les jardins de l'Archevêché, au point où les anciens remparts de la place-forte encore apparents, couronnent la partie abrupte de la masse rocheuse suspendue sur la plaine.

Tout autour du lit de la Durance et de la fertile campagne conquise sur ses alluvions, se dresse un cirque impressionnant de croupes montagneuses, dont les sommets arides se dressent vers un ciel d'azur, jusqu'à 2.300 et 2.900 mètres; leurs pointes dénudées, dont les flancs et les replis abritent, jusqu'à l'altitude moyenne de 1.800 à 2.000 mètres, de superbes forêts de pins, de sapins ou de mélèzes, tapissées par la flore peut-être la plus somptueuse de la France et entre lesquels s'insinuent des cols à hautes altitudes qui font l'émerveillement des voyageurs circulant l'été, sur la route des Alpes.

La largeur exceptionnelle de la vallée sur ce point, le pittoresque que donne à l'horizon le grandiose développement de ces sites, confèrent à cette ville une séduction incomparable, dont on ne trouve l'équivalent sur aucun autre point de la région, ni peut-être en Europe.

L'Embrunais s'étend tout le long de la Durance, de l'Argentière à l'Ubaye. Il comprend deux parties assez distinctes : Le Haut Embrunais compris entre l'Argentière et Saint-Clément, et le Bas Embrunais, qui va de Saint-Clément à Chorges. C'est cette seconde partie, dont Embrun est l'agglomération la plus importante, qui nous intéresse spécialement.

;

Le sol de cette région est constitué par des calcaires compacts du jurassique moyen qui formes les deux flancs de la vallée ; il est aride et sec. La ville d'EMBRUN, adossée aux derniers contreforts du Mont guillaume, perchée sur son bloc imperméable de poudingue, regarde le midi, en direction de Nice, dont elle n'est distante à vol d'oiseau que de 80 kilomètres environ. Elle est placée sur le côté nord d'une vaste cuvette, longue d'une quinzaine de kilomètres, large de 4 à 5 kilomètres ; ses bords sont constitués par une série de croupes montagneuses dont l'altitude varie de 2.300 à 2.900 mètres. Ce sont au nord, le Mont Guillaume (2.544) : à l'(est le Mont Aurel (2.400); au sud et sud-ouest, le Pic de Saluces (2324 m) et le Pic de Chabrières (2.405 )La Durance s'insinue dans cette cuvette et en sort, elle aussi par ses échancrures étroites, où elle est accompagnée par la grande route historique de la Narbonnaise en Italie. Mais, sur ce point, la vallée de cette rivière s'étale sur une plaine large et verdoyante conquise sur les alluvions.

Grâce à la protection réalisée pa ce majestueux écran, aucun des vents qui soufflent dans les régions voisines de Briançon ou de Gap ne se fait sentir sur Embrun. Les courants d'air qui passent sur les hauteurs ne se traduisent, dans le thalweg, que par une brise légère qui accentue encore la siccité et la limpidité de l'air et qui rafraîchit agréablement la température en été. Mais ils ne déterminent jamais les variations brutales de température qui accompagnent les coups de bise ou de mistral. La température est donc sur ce point, plus douce et plus régulière qu'ailleurs, et la faible quantité de neige qui tombe, certains hivers, dans la plaine disparait très rapidement sous l'influence d'un soleil ardent.

Les condensations sont d'ailleurs extrêmement réduites. Cette partie des Alpes est certainement un des ponts de la France où il pleut le moins et où le nombre annuel de jours d'ensoleillement atteint le maximum.

Sur les montagnes dont la crête est aride, la végétation est constituée par des cultures diverses, des pins et des sapins jusqu'à 1.500 à 1.800 mètres environ. A partir de 1.800 mètres on ne rencontre plus guère que le mélèze, et sa présence signifie exposition très ensoleillée, sécheresse de l'atmosphère et absence de brouillard.

C'est en effet à EMBRUN que la pureté de l'air, la limpidité et la luminosité de l'atmosphère atteignent leur maximum et M le professeur BLANCHARD, de Grenoble qui a étudié avec soin et une compétence particuliers la climatologie alpine, a pu résumer les caractéristiques climatiques de cette région du Bas Embrunais par la formule suivante :"Véritable Adret au ciel pur", formule traduite depuis en des termes plus expressifs, peut-être par les touristes, de ^plus en plus nombreux, qui fréquentent la ville d4embrun et qui l'ont baptisée "la Nice des Alpes".

(Tous droits réservés journal "Le Monde")

"EMBRUN ET SON CLIMAT"

Cet article, publié dans "le Monde" du 3 juin 1958,
a été conservé par monsieur Honoré ROMANE,

 

Il pous explique comment était perçu notre bonne ville d'Embrun et plus généralemet l'Embrunais pour son climat spécifique
dans les années cinquante.

A consulter aussi :

►"UN COLLEGE DANS LA MONTAGNE"

Jacques CHILLON a passé un an comme interne à l'ancien lycée d'Embrun en 1956/1957 qui est devenu depuis le groupe scolaire Cézanne. Il en a écrit un riche et passionant récit publié dans Nice-Matin (Le Mag, 22 septembre 2019).

Embrun et son climat 19581024_1.jpg

Modeste agglomération de 3500 habitants environ, la ville d'Embrun, autrefois capitale métropole de toute la région qui s'étend de BRIANÇON à NICE, puis successivement, dépossédée de sa sous-préfecture, de son tribunal et d'une partie de sa garnison, occupe une situation pittoresque sur la rive droite de la Durance, à peu près sous la latitude de Valence et à mi-chemin entre GAP (40 kilomètres) et BRIANÇON (48 kilomètres).

Edifiée sur un vaste bloc de poudingue déposé à l'époque interglaciaire, sur la pente sud des derniers contreforts du Mont Guillaume, elle domine la vallée par un à-pic de 80 mètres environ, au bas duquel s'étale un large tapis de jardins et de vertes prairies, qui la sépare de la tumultueuse rivière contenue par une digue vers le front de la montagne opposée.

Un panorama magnifique s'offre à la vue du visiteur qui arrive sur les jardins de l'Archevêché, au point où les anciens remparts de la place-forte encore apparents, couronnent la partie abrupte de la masse rocheuse suspendue sur la plaine.

Tout autour du lit de la Durance et de la fertile campagne conquise sur ses alluvions, se dresse un cirque impressionnant de croupes montagneuses, dont les sommets arides se dressent vers un ciel d'azur, jusqu'à 2.300 et 2.900 mètres; leurs pointes dénudées, dont les flancs et les replis abritent, jusqu'à l'altitude moyenne de 1.800 à 2.000 mètres, de superbes forêts de pins, de sapins ou de mélèzes, tapissées par la flore peut-être la plus somptueuse de la France et entre lesquels s'insinuent des cols à hautes altitudes qui font l'émerveillement des voyageurs circulant l'été, sur la route des Alpes.

La largeur exceptionnelle de la vallée sur ce point, le pittoresque que donne à l'horizon le grandiose développement de ces sites, confèrent à cette ville une séduction incomparable, dont on ne trouve l'équivalent sur aucun autre point de la région, ni peut-être en Europe.

L'Embrunais s'étend tout le long de la Durance, de l'Argentière à l'Ubaye. Il comprend deux parties assez distinctes : Le Haut Embrunais compris entre l'Argentière et Saint-Clément, et le Bas Embrunais, qui va de Saint-Clément à Chorges. C'est cette seconde partie, dont Embrun est l'agglomération la plus importante, qui nous intéresse spécialement.

;

Le sol de cette région est constitué par des calcaires compacts du jurassique moyen qui formes les deux flancs de la vallée ; il est aride et sec. La ville d'EMBRUN, adossée aux derniers contreforts du Mont guillaume, perchée sur son bloc imperméable de poudingue, regarde le midi, en direction de Nice, dont elle n'est distante à vol d'oiseau que de 80 kilomètres environ. Elle est placée sur le côté nord d'une vaste cuvette, longue d'une quinzaine de kilomètres, large de 4 à 5 kilomètres ; ses bords sont constitués par une série de croupes montagneuses dont l'altitude varie de 2.300 à 2.900 mètres. Ce sont au nord, le Mont Guillaume (2.544) : à l'(est le Mont Aurel (2.400); au sud et sud-ouest, le Pic de Saluces (2324 m) et le Pic de Chabrières (2.405 )La Durance s'insinue dans cette cuvette et en sort, elle aussi par ses échancrures étroites, où elle est accompagnée par la grande route historique de la Narbonnaise en Italie. Mais, sur ce point, la vallée de cette rivière s'étale sur une plaine large et verdoyante conquise sur les alluvions.

Grâce à la protection réalisée pa ce majestueux écran, aucun des vents qui soufflent dans les régions voisines de Briançon ou de Gap ne se fait sentir sur Embrun. Les courants d'air qui passent sur les hauteurs ne se traduisent, dans le thalweg, que par une brise légère qui accentue encore la siccité et la limpidité de l'air et qui rafraîchit agréablement la température en été. Mais ils ne déterminent jamais les variations brutales de température qui accompagnent les coups de bise ou de mistral. La température est donc sur ce point, plus douce et plus régulière qu'ailleurs, et la faible quantité de neige qui tombe, certains hivers, dans la plaine disparait très rapidement sous l'influence d'un soleil ardent.

Les condensations sont d'ailleurs extrêmement réduites. Cette partie des Alpes est certainement un des ponts de la France où il pleut le moins et où le nombre annuel de jours d'ensoleillement atteint le maximum.

Sur les montagnes dont la crête est aride, la végétation est constituée par des cultures diverses, des pins et des sapins jusqu'à 1.500 à 1.800 mètres environ. A partir de 1.800 mètres on ne rencontre plus guère que le mélèze, et sa présence signifie exposition très ensoleillée, sécheresse de l'atmosphère et absence de brouillard.

C'est en effet à EMBRUN que la pureté de l'air, la limpidité et la luminosité de l'atmosphère atteignent leur maximum et M le professeur BLANCHARD, de Grenoble qui a étudié avec soin et une compétence particuliers la climatologie alpine, a pu résumer les caractéristiques climatiques de cette région du Bas Embrunais par la formule suivante :"Véritable Adret au ciel pur", formule traduite depuis en des termes plus expressifs, peut-être par les touristes, de ^plus en plus nombreux, qui fréquentent la ville d4embrun et qui l'ont baptisée "la Nice des Alpes".

(Tous droits réservés journal "Le Monde")

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Publié le 25/05/2020 18:44   | |    |


Commentaires

Réaction n°1 

 par Hubert le 25/05/2020 18:48

Ce billet a été réalisé grâce à madame Sabine SAUVAL-ROMANE,

Nous la remercions vivement.

Réaction n°2 

 par Jacques_Chillon le 28/05/2020 18:39

Je pense que de nos jours les oiseaux ont plutôt 110 que 80 km à faire pour relier Embrun et Nice.

On croirait davantage : une bonne raison pour refaire le trajet un de ces jours...

Réaction n°3 

 par Hubert_Delesalle le 29/05/2020 17:49

Effectivement, la distance à vol d'oiseau est de 113,5 kilomètres et non pas 80 km comme l'avait écrit par erreur le journaliste du Monde ! smile

  • Le plus rapide mais le moins plaisant par les autoroutes A51/A8 : 321 km et 3 heures 45 mn

Pour se balader et découvrir :

  • Préférer Seyne-les-Alpes / Digne 246 kilomètres, 4 heures
  • ou bien col de Vars / Col de Larche 215 km 4 heures 30
  • Par le col d'Anott, fermé l'hiver
  • Jausiers Col de Valbelle , fermé l'hiver

Ou : plus exotique : le plus court 189,7 kilomètres par le col du Parpaillon (très difficile et périlleux, en pierre et cailloux, 2783 m)  et le col de Valbelle (2715 m), compter une journée en voiture, 15/20 heures à vélo ! tinéraire ouvert seulement entre juillet , et septembre (se renseigner !)